LA TRANSHUMANCE

En partance, du pied du clocher du village,

L’éleveur de brebis, en secret, rend hommage ;

Aux Saints du ciel, pour qu’ils protègent son troupeau,

Le soignant tout l’hiver attendant qu’il fasse beau.

 

De ces sentiers, des alpages tant convoités,

Conduit de l’allure cadencée du berger,

Le troupeau dans ces étroits chemins escarpés,

Avance nerveux, très impatient de liberté.

 

En fermant la marche de ce convoi joyeux,

S’aidant de bonne humeur, les marcheurs radieux

De leur bâtons pressent les brebis égarées

Qui profitent un moment des talus herbacés.

 

Et les chiens aux pieds, ne demandant leur reste,

Sollicitant de leur yeux les moindres gestes,

Bondissant, rampant, calmes ou affalés.

Dirigeant les brebis, sous les ordres du berger.

 

Tutoyant les nuages, des trouées dans les cieux,

Découvertes sensuelles de mamelons généreux.

Farandoles joyeuses de sonnailles qui retentissent,

Des villages perchés, les villageois avertissent.

 

C’est la fête des brebis, des riverains aussi,

La torpeur de l’hiver des villages endormis.

La vie reprend comme une note de musique,

Agrémentée de sourires et projets dynamiques.

 

L’éleveur a laissé son troupeau au berger …

C’est un peu de son cœur qui est déchiré.

Comme on confie sa fille à un gentil garçon,

Mais… ils reviendront heureux dans notre maison.

 

Jean Claude Sanchez